Economie du cameroun Le Cameroun connut une croissance importante entre 1977 et 1985 (plus de 10 p. 100 par an) grâce à la valorisation de ses ressources pétrolières et de ses exportations agricoles. Depuis, il est entré dans une crise économique profonde et durable due à la dégradation des termes de l'échange (en baisse de 44 p. 100 entre 1986 et 1988) et à la concurrence avec son voisin nigérian. Dans le même temps, les dépenses publiques augmentaient de 19 p. 100. Le pays mène, depuis 1988, une politique d'ajustement sous l'égide du Fonds monétaire international (FMI). Le redressement tarde à se faire sentir alors même que la dévaluation du franc CFA, en janvier 1994, et la réévaluation du naira nigérian ont favorisé une reprise des exportations (+ 30 p. 100). La production pétrolière continue de diminuer, les usines fonctionnent à temps partiel et les fonctionnaires sont payés avec retard. En 1999, le produit national brut global (PNB) était estimé à 8,8 milliards de dollars. Le PNB par habitant s'élevait à 600 dollars en 1999. Agriculture Principale ressource du pays, l'agriculture occupait 63 p. 100 de la population active et représentait 22 p. 100 du PNB en 1995. Les principales cultures d'exportation sont le café, le cacao, le cotton et la banane. En 2000, les productions annuelles de coton et de cacao atteignaient respectivement 180 000 tonnes et 150 000 tonnes. Les principales cultures vivrières sont le sorgho, l'igname, l'arachide, le manioc, le maïs, le mil et la banane plantain. L'élevage, activité traditionnelle des Peul, est important dans le massif de l'Adamaoua et dans les savanes du Nord, et l'exportation de bétail sur pied en direction des villes de la côte a bénéficié de la dévaluation du franc CFA. En 1997, le cheptel comptait 4,9 millions de bovins, 3,8 millions d'ovins et un nombre equivalent de caprins. L'élevage de porcs est développé dans le Sud. La production de bois (3 p. 100 du PNB) consiste essentiellement en bois d'acajou, d'ébène et de teck provenant des grandes forêts tropicales du Sud. Les coupes annuelles atteignaient 15,2 millions de m³ en 1999. Jusqu'à une période récente, la pêche traditionnelle concernait surtout les poissons d'eau douce destinés à la consommation locale. Cependant, la pêche en mer s'est développée rapidement, notamment dans la région de Douala. En 1993, les prises annuelles s'élevaient à 80 000 t (dont environ un quart de poissons d'eau douce). Mines et industries L'une des plus grandes entreprises industrielles du Cameroun est la fonderie d'aluminium d'Édéa. La production y atteignait 86 500 t en 1993, à partir de bauxite importée. Les autres industries concernent l'agroalimentaire, le bois, le textile, les engrais et le ciment. En 1994, la production de pétrole s'élevait à 5,48 millions de t contre plus de 9 millions en 1987. Les réserves sont estimées à 55 millions de t et celles de gaz naturel à 115 milliards de m3. La plus grande centrale hydroélectrique se situe à Édéa, sur le fleuve Sanaga. En 1998, l'hydroélectricité contribue pour 97 p. 100 à la production électrique totale du pays. Échanges Le Cameroun appartient à la zone franc. Sa monnaie est le franc CFA, divisé en 100 centimes (1 F CFA = 0,01 FF en 1995). Elle est émise par la Banque des États d'Afrique centrale (BEAC), basée à Yaoundé. En janvier 1994, le franc CFA fut dévalué de 50 p. 100 par rapport au franc français. En 1994, le taux de couverture des importations par les exportations était de 87,6 p. 100. Les principaux partenaires économiques du Cameroun sont la France, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis. Le Cameroun possède quelque 66 900 km de routes, dont 6 p. 100 seulement sont bitumées. La plupart sont impraticables en saison des pluies. Le pays est également doté d'un réseau ferré de 1 100 km. Le trafic portuaire s'effectue essentiellement à Douala, qui sert aussi de port de commerce pour les pays voisins dépourvus de débouchés maritimes. Le deuxième port, Kribi, devrait bientôt accueillir un oléoduc servant à écouler le pétrole exploité dans le sud du Tchad, mais il existe une forte opposition à son passage en territoire camerounais de la part des populations concernées. Plus au nord, sur la Bénoué, le port de Garoua est ouvert trois mois par an au commerce fluvial avec le Nigeria. Air Cameroun exploite des lignes intérieures et internationales. Le principal aéroport est situé à Douala. L'organisme de radiodiffusion et de télévision, contrôlé par l'État a son siège à Yaoundé. |